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Vincent Subilia, l’homme de la situation pour la CCIG

Portrait

Porte-parole de l’économie de plus de 2400 entreprises membres, la Chambre de Commerce d’Industrie et des Services de Genève  (CCIG) fête cette année ses 155 ans. C’est l’occasion de revenir sur cette institution traditionnelle et stimulée par un Directeur Général qui l’est tout autant.

 

Par Laëtitia Cadiou / NOW Geneva
Photos Denis Jouglet / NOW Geneva

 

Nous avons rencontré Vincent Subilia la veille du confinement en Suisse.  Il nous a chaleureusement accueilli mais sans poignée de mains déjà. À ce moment le COVID 19 s’est diusé dans plusieurs pays et la Suisse ne sera pas épargnée. Une période difficile qui commence aussi bien pour les entreprises que pour les petits commerces et les indépendants. L’équilibre économique est vacillant, les compagnies sont en danger et une nouvelle ère débute pour l’Helvétie. Une période qui va ensevelir certains décideurs et en révéler d’autres. Un véritable stress test pour Vincent Subilia qui va s’avérer être l’homme de la situation à la CCIG.

Seriez-vous Vaudois, Genevois, Belge ?

Vaudois d’origine mais Genevois depuis que j’y ai « immigré » il y a 20 ans, et Belgo-Suisse ! Une « demi-portion de frites » comme me surnommaient – affectueusement j’espère – mes camarades de classe, devenu un « pur produit » genevois avec un parcours professionnel comme avocat et dans le domaine bancaire de la place. Si je suis profondément Suisse, je me définis également comme europhile, une dimension que j’ai vraisemblablement développé en allant étudier puis travailler à Bruxelles pour la Commission Européenne.

Et la Suisse dans l’Europe ?

Le tissu économique genevois se nourrit de son ouverture au monde. Avoir des points de repères en dehors de nos frontières pour ne pas s’enfermer dans une tour d’ivoire est essentiel ; cela est particulièrement évident pour l’Europe, dont les pays nous entourent. Pour donner un exemple plus visuel, la Suisse comptabilise un milliard de CHF d’échanges commerciaux par jour avec les approximativement 500 millions de consommateurs européens, il est donc illusoire que la Suisse fasse cavalier seul. Actuellement, nous sommes dans l’attente d’un signal fort des autorités fédérales pour valider l’accord-cadre avec Bruxelles, seul à même de garantir la stabilité de nos relations avec nos partenaires européens, et donc la prospérité de la Suisse. La réussite de notre Heidiland, économie d’exportation et d’innovation, est intiment corrélée à notre capacité à nous projeter au-delà de nos frontières. En ce sens, il est illusoire d’imaginer pouvoir opérer seul avec une restriction de la libre circulation. C’est pernicieux de jouer avec le feu ! Nous sommes au coeur de l’Europe, ne pas être membre de l’Union n’est pas une raison pour ne pas soigner nos accords avec nos partenaires.

Études et formations en rapport avec l’Asie, un modèle économique ?

On se forme toute notre vie ! Il y a eu le droit et je ne regrette en rien cette direction qui mène à tout! C’est une bonne école de la rigueur et une façon structurée de réfléchir.  La voie de l’école hôtelière me séduisait également en raison de la dimension d’accueil qui m’est précieuse ; j’y ai suivi une formation exécutive par la suite de même pour les relations internationales, qui m’intéressaient beaucoup et  j’ai donc en parallèle de mon emploi, passé un diplôme au Graduate Institute. Cela dit, mon attrait pour l’Asie et particulièrement pour la Chine est avant tout une aaire de famille. Mon grand-père était professeur à l’université de Pékin avant la Seconde Guerre Mondiale, un pionnier dans les relations entre la Suisse et la Chine, qui a même écrit un ouvrage « La  chine  qui  bouillonne ». C’est dans cette continuité que je suis devenu le Vice-Président de la chambre de commerce Suisse-Chine. Un pays fascinant de par son histoire et son développement économique. Souvent cantonnée à l’usine du monde, la Chine s’est érigé en  pionnier technologique, au rang de la Silicon Valley dans un certain nombre de domaines. Régulièrement, j’y emmène des délégations pour que nos entrepreneurs puissent s’ouvrir sur une autre réalité. D’ailleurs la Suisse est le seul pays d’Europe continentale à avoir un accord de libre-échange avec la Chine. Nous sommes un partenaire de confiance.

Quel est est le rôle de la CCIG aujourd’hui ?

La CCIG c’est une PME de 30 collaborateurs, riche de 155 ans d’histoire et animée d’un esprit de start-up. Ma volonté consiste à dynamiser notre institution pour mener à bien ses nombreuses missions : marier la tradition d’une expertise reconnue avec l’innovation indispensable à son évolution. Notre vocation première consiste à défendre les conditions cadres, pour que les entreprises puissent mener leurs activités dans un environnement efficient, performant et prévisible, tant en matière de fiscalité, de mobilité, d’aménagement du territoire que d’énergie. La CCIG fait entendre la voix de l’économie dans le champ politique à travers les nombreuses campagnes que nous menons. A titre d’exemple,  nous avons conduit celle de la réforme de la fiscalité des entreprises, dite RFFA, laquelle voit le taux d’imposition des PME significativement réduit ; une autre campagne portait sur la réalisation du Léman Express, que nous inaugurions en début d’année, ou sur la traversée du lac, plus nécessaire que jamais.

En réalité, la CCIG constitue une communauté d’environ 2400 entreprises membres ; institution privée et auto financée, la Chambre dispose donc d’une liberté de ton, qu’elle veut critique mais constructif, l’endroit des autorités politiques, avec lesquelles elle collabore intensément..

En tant que « club d’affaires », la CCIG fait bénéficier ses Membres d’une large gamme de services, dont une place de marché digitale leur permettant d’interagir au moyen d’une App ; elle propose également une centaine d’événements par année, soit autant d’occasion d’échanger entre opérateurs économiques.

Vous avez parmi vos membres de nombreux commerces, quel est leur avenir ?

Le commerce de proximité est clé. Il importe de le soutenir tant il souffre de la conjugaison de divers facteurs.  La force du franc suisse d’abord, qui conduit à la forte tentation de s’approvisionner de l’autre côté de la frontière. La transformation numérique ensuite, laquelle est cruciale à notre époque. Même si nos commerçants sont parfois sceptiques face au digital, ils doivent l’adopter et vous, NOW,  plateforme média digitale, en êtes l’incarnation parfaite, un magazine pour mettre en avant le commerce de proximité. Les modes de consommation évoluent, les sites internet doivent devenir une valeur ajoutée, et plus n’être uniquement qu’une vitrine.

Quelles actions pour dynamiser le commerce ?

Les aménagements de manière générale et particulièrement en ville de Genève ne sont pas pensés en fonction du commerce de proximité. Il importe de créer de la convivialité, un centre-ville agréable et accueillant. Il faut de la vie !

Depuis des années je me bats pour la piétonisation de 11 rues et la construction d’un parking sous-terrain à Rive. Ce projet, dit Clés-de-Rive, qui sera prochainement soumis à une votation populaire, permettra précisément de créer des lieux de rencontres favorisant la consommation locale. Il est temps de se mobiliser !

Un autre point noir, les commerçants réside dans l’absence de flexibilité des horaires d’ouvertures, toutes les tentatives se heurtant aux freins des syndicats. Nous avons tout de même, réussi à obtenir trois dimanches par an, une maigre comparaison avec nos voisins français, qui en dispose d’une quinzaine et exercent ainsi une concurrence féroce. Cet état de fait pénalisant accentue le tourisme d’achat, comme la consommation en ligne.

Votre rôle politique ?

La politique de projets me passionne, moins la politique politicienne. Mon engagement pour la cité a démarré dans le domaine associatif avec la fondation d’AGIR (Action pour la Genève Internationale et son Rayonnement), dont la mission consiste à défendre et promouvoir la Genève Internationale. Il s’est poursuivi dans les rangs du PLR, dont les valeurs de liberté et de responsabilité s’ancrent dans mon ADN, sur les bancs du Conseil municipal de la Ville de Genève, puis comme député au Grand Conseil.

Capitale de la gouvernance mondiale, Genève dispose d’un rayonnement inversement proportionnel à sa taille ; sa richesse doit être valorisée. Je m’y emploie tant sur le plan professionnel, que politique et associatif ; les trois dimensions étant convergentes, et alimentées par la motivation, meilleur des carburants. 

Quel est le lieu que vous préférez à Genève ?

Le coup d’œil sur la Cathédrale Saint Pierre, bastion de cette Rome protestante, terre d’accueil et d’avenir.

Que pouvons-nous vous souhaiter ?

Sérénité, audace et prospérité pour Genève et pour la Suisse.

Chambre de Commerce d’Industrie et des Services de Genève : CCIG