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Tanguy Nef – Un Genevois parmi les meilleurs du monde en ski alpin

Portrait

@nowgeneva

Il nous a fait vibrer pour sa première saison de coupe du monde de slalom en arrivant 11 ème en 2018 à Levi, il est bien décidé à tout donner cette saison pour accumuler des points et pourquoi pas monter sur des podiums. Questions-réponses pour en apprendre un peu plus sur le parcours de cet étudiant, athlète de haut niveau .

Par Laëtitia Cadiou – NOW Geneva
Photos Michel Juvet – majicmiju.com

Sincères remerciements à la Bibliothèque de Genève pour leur accueil et nous avoir permis de photographier Tanguy Nef .

Comment as-tu commencé le ski ?

Quand on vit en Suisse c’est plus facile de commencer le ski et encore plus de chance avec un papa instructeur de ski. Je crois avoir chaussé des skis à 2 ans à Thyon-Les Collons en Valais, puis ensuite chaque hiver en famille à la Tzoumaz. Mon frère et ma sœur étaient inscrits au Ski Club local, et c’est grâce à eux ou plutôt parce que j’étais un peu envieux de leur veste que j’ai souhaité m’inscrire aussi. J’ai commencé la compétition à 8 ans, et lors de ma 1ère course à Bavon j’ai fini 3ème. Mon papa m’a beaucoup encouragé depuis le début.

Comment arrive-t-on à la compétition et surtout à un tel niveau ?

Enfants on regardait les courses à la télévision, tous les weekends avec mon frère on faisait des simulations de jeux olympiques, j’étais déjà conditionné. Le plaisir de la neige fraiche, être dehors à la montagne, nous aimons les sports de glisse et j’ai toujours eu l’envie de skier. Je retrouve toujours cette notion de plaisir dès que je chausse des skis. La compétition demande beaucoup de travail et de sacrifice, j’ai quitté le cocon familial à 14 ans pour rejoindre le sport étude de Brigue. J’ai su m’épargner les blessures et toujours reçu le soutien de mon entourage c’est sans aucun doute un facteur majeur de ma réussite.

Tu es à l’université de Dartmouth aux Etats-Unis pour étudier l’informatique et l’économie, pourquoi ce choix ?

En 2014 je me suis fracturé le tibia et péroné à Crans lors d’une descente des championnats suisse junior, l’année où je voulais rejoindre les cadres de Swiss Ski. Il me fallait donc un plan B si je ne devais pas réussir la sélection. C’était un peu osé d’aller étudier aux Etats-Unis, d’autant plus que je n’avais que 18 ans et faisais face à un défi personnel. Aujourd’hui je suis très heureux de ce choix, j’ai de bons amis et une vie normale. Quant à l’université, elle est fantastique ! C’est sur la côte Est, l’une des plus anciennes, elle fête d’ailleurs ses 250 ans. Pour le choix de mes études c’était un pari, je n’avais aucune notion de l’informatique quant à l’économie c’est lié à tous les événements qui se passent dans le monde et cela m’intéresse énormément.

Il te reste combien de temps avant la fin de tes études?

Plus que 3 termes, je pense obtenir mon diplôme en juin 2021. Cet hiver, je le consacre entièrement au ski de compétition, et dès le mois d’avril 2020 je commencerai mon travail de thèse de bachelor.

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Comptes-tu te donner à fond dans le ski avant de commencer une activité professionnelle ?

J’aime le ski de compétition mais aussi les activités extra-sportives, donc je me vois bien poursuivre une activité professionnelle partielle entre les périodes de compétition. Le ski est formidable mais il est bien de pouvoir se déconnecter. D’ailleurs, j’ai développé avec un ami une société de service pour soutenir les jeunes désireux d’aller étudier aux Etats-Unis. Et puis le ski est aussi une activité professionnelle qui se gère un peu comme une petite entreprise.

Quel serait le travail de tes rêves ?

Skieur professionnel c’est pas mal comme travail privilégié, d’autant que c’est à 60% des voyages et que je rencontre des gens du monde entier. Il faut dire qu’en Suisse on peut en vivre, donc c’est fondamental. Après le ski je n’ai pas la réponse mais il est clair que cela serait bien d’être dans la nature, une activité pour la planète terre et ses challenges climatiques par exemple. Je rechercherai le bonheur et d’être proche des amis et de la famille.

Comment trouver l’équilibre entre sport et étude?

J’ai très vite trouvé l’équilibre entre le sport et les études car j’ai commencé jeune à La Florence à Champel, j’avais des heures aménagées et le deal avec mes parents était que pour faire du ski il fallait réussir les étapes scolaires. A Brigue, c’est une école sport-étude, on a donc les entraineurs, les professeurs, les camarades, tous sont là pour vous soutenir. Le sport-étude est prévu pour t’apporter toute la structure nécessaire et les professeurs te poussent car tu es un élève mais aussi un athlète.

Tu reviens à Genève souvent?

J’essaye d’être là le plus possible pour retrouver mes amis à Veyrier, et être présent pour mon petit frère, c’est mon équilibre. Les weekends je monte souvent à la Tzoumaz pour partager des activités en famille, l’esprit de compétition n’est jamais très loin.

Tes endroits préférés à Genève?

J’adore Les bains des Paquis, le bord de l’eau, maman y nage même l’hiver avec les « givrés », un petit endroit où l’on peut s’échapper, on y mange hyper bien et ce n’est pas trop cher.

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Tu es inscrits Ski-Club Académique Suisse (SAS), ton club d’entrainement qui se trouve être aussi l’un de tes sponsors, Comment es-tu rentré au SAS?

Grace à mon frère aîné qui était inscrit au SAS depuis 2 ans. Il étudiait l’architecture à l’EPFL et les week-end il participait aux évènements SAS comme l’Opening, les AngloSwiss ou le Closing et participait à toutes les courses. Il rentrait tellement enthousiaste et me racontait les activités liées au ski et l’ambiance extra qui règne dans le SAS Genève. Des étudiants et les membres viennent de toute la Suisse et partagent tous cette même passion pour le sport « One Club, One Spirit », c’est un peu comme ces fraternités, ces clubs dans les universités aux États-Unis et ailleurs où les élèves ont des valeurs communes, les mêmes intérêts pour se faire plaisir, la fraternité à la Suisse. Je me réjouis de les rejoindre plus souvent lorsque mon agenda le permettra pour me mesurer à eux et partager de bons moments.

Pour arriver dans les 30 meilleurs mondiaux, il y a le talent et la détermination mais aussi on imagine bien l’entrainement.

Talent et détermination avec au départ de gros sacrifices : le premier a été de partir de la maison très jeune puis de quitter la Suisse pour partir aux États-Unis. L’entrainement est crucial. On travaille en salle de force ou pratique différents sports comme l’athlétisme, la grimpe ou encore des séances de relaxation. Parfois l’été on monte sur les glaciers et ça, c’est compliqué ! on se lève à 4 heures pour débuter l’entrainement à 7 heures ou 8 heures pour avoir de la bonne neige, les conditions ne sont pas forcément agréables, nous sommes à 3800 ou 4000 M, pour les suisses c’est plus simple on a Saas-Fee ou Zermatt mais ce qui me motive le plus ce sont les courses. Le plaisir d’être libre, se perfectionner sur un mouvement c’est unique mais ça demande du travail, le résultat n’est pas un hasard. J’ai beaucoup de respect pour les efforts fournis par tous les sportifs.

Qui sont ces sportifs que tu adules?

Ils sont nombreux mais pour n’en citer que quelques-uns: Roland Colombin est un grand champion avec un caractère unique que j’ai eu la chance de rencontrer, c’est un bon vivant mais reste mythique pour beaucoup de gens. Jean-Claude Killy et son parcours exceptionnel, il a gagné de nombreuses médailles aux jeux olympiques mais il a aussi révolutionné le ski en amenant une nouvelle technique. Son parcours d’homme d’affaire aux États-Unis est tout aussi impressionnant. Bode Miller aussi est selon moi un athlète atypique au palmarès incroyable. Son style est naturel mais sort du cadre pour réussir ses exploits, il inspire encore aujourd’hui de nombreuses personnes.

A 23 ans, en coupe du monde seulement depuis 2017 tu as déjà un joli palmarès, c’est exceptionnel comment expliques-tu cela? Prêt mentalement et moins de pression ?

J’ai été le premier surpris par mes résultats, mais il est clair que le mental a joué un rôle crucial, tout n’était pas idéal mais j’ai trouvé la clé mentale qui m’a permis de me libérer de façon efficace et à répétition. D’autant que ma première course se déroule sur un retour de blessure, donc c’est l’aboutissement du travail et de la persévérance. J’ai réussi à prendre ma place et c’est très satisfaisant.

@nowgeneva

Qu’est ce que tu trouves le plus satisfaisant dans le ski et le plus contraignant ?

Croire en soi et aller au bout des choses et au niveau personnel c’est très satisfaisant de réunir la famille de les voir ensemble pendant les courses.

L’aspect le plus difficile c’est d’être loin sans ma famille et un petit frère qui m’appelle tous les jours auquel je ne peux pas toujours répondre.

Cette saison tu vas pouvoir te consacrer pleinement au ski, comment appréhendes-tu cette saison?

Je me dirige plus vers l’année professionnelle, une année de performance où je peux repousser les limites pour que cela devienne ma zone de confort avec l’objectif des prochains jeux olympiques en 2022.

Dans quel état d’esprit se trouve-t-on quand on commence une compétition telle qu’une coupe du monde?

C’est chaque fois différent, la beauté de ce sport c’est qu’il n’y pas une course identique, les conditions ne sont jamais les mêmes, chaque virage est différent, l’humeur est variable. Il faut donc aller chercher la solution pour arriver au départ dans les meilleures conditions, un challenge perpétuel sur soi-même, un corps sain et l’esprit sain c’est un apprentissage pour toute ma vie et cela m’a apporté un équilibre. Au portillon de départ c’est penser à la chance d’être là et de participer à la course, prendre du plaisir, montrer le meilleur de son ski.

Une équipe suisse de ski soudée ? Ou la compétition commence là?

Encore beaucoup de travail à ce niveau, il est vrai qu’à l’université et je crois plus encore aux États-Unis, c’est l’esprit d’équipe qui prime, on ne se bat pas l’un contre l’autre mais plutôt contre la montre, si un brille toute l’équipe brille. J’essaye d’inspirer ces valeurs mais pas toujours facile, car dans une équipe pour un pays c’est un peu chacun pour soi.

Quels sont tes prochains challenges?

Sans aucun doute les JO 2022 au niveau sportif, j’ai également pour mission de trouver des sponsors supplémentaires, une marque de montre par exemple, ce serait formidable ! Au niveau personnel j’ai quelques projets comme celui d’un film, le travail de thèse de bachelor et apprendre l’espagnol.

Fan Club /  Tanguynef.com