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Celine, avec et sans accent aigu

Mode

©Celine

Si Celine était une femme, elle combinerait avec justesse élégance minimaliste et accents résolument contemporains. Elle s’aventurerait dans une esthétique vintage, associée à une délicate désinvolte et le si séditieux porté rock. Rebelle et ambitieuse, cette parisienne est ancrée aussi bien dans son époque que ses mocassins Luco Pompons Triomphe. Mais est-ce que Celine doit forcément être une femme ? Voici l’histoire de la marque qui célèbre cette année les noces d’albâtre avec sa fidèle clientèle.

Par Eugénie Rousak – NOW Geneva

Sûrement l’une des Maisons contemporaines les plus réputées et distinguées, Céline, (attention, cette fois-ci avec l’accent, mais je vous en parle un petit peu plus tard), ne se prédestinait pas vraiment à cette aura internationale.

Alors que la France sort tout juste de la Seconde Guerre Mondiale, les époux Céline et Richard Vipiana lancent un pari plus que risqué : créer des souliers de luxe pour les enfants de la bourgeoisie parisienne. Confortablement installée au 52, rue Malte, la boutique concocte les chaussures sur-mesure sous l’emblème d’un éléphant rouge, signé par la plume du dessinateur humoriste Raymond Peynet. Et ça plait ! Les premiers petits clients de la Maison Céline, et leurs parents bien sûr, sont si ravis de leurs souliers « haute couture », que la marque connaît un essor pharamineux. En quelques années, trois nouvelles localisations ouvrent leurs portes dans la capitale. Cette histoire aurait sûrement pu continuer dans le tracé de la success-story. Mais si aujourd’hui nous connaissons la Maison pour son savoir-faire dans le prêt-à-porter, c’est parce que dans les années 60 Céline a décidé de prendre un tournant résolument plus mode.

Élargissant ses collections, elle introduit des pièces de maroquinerie et des accessoires comme des gants, des sacs, des chapeaux ou encore de mocassins. Et justement parlons des mocassins. S’inspirant des chaussons indiens, la designer imagine le modèle Polo, à la fois élégant et confortable, qui séduit immédiatement les citadines, toutes générations confondues, par sa sophistication. Devenu l’emblème de la marque, cette pièce se déclinera dans d’autres variations, comme l’Inca, le Byblos ou encore le Melville. Toutes connaîtrons un véritable succès ! Et pour laisser de délicats embruns envoutants derrière son passage, Céline fabrique sa première fragrance. Avec son emballage aux couleurs stendhaliennes, le « Vent fou » fait tourner la tête des parisiens avec ses notes de férule gommeuse, de rose et de jasmin.

©Celine

Mais le caractère aventurier de Madame Vipiana finit par la pousser sur un terrain encore plus glissant en 1967, le prêt-à-porter Céline. À cette époque, rares sont les femmes qui s’habillent chez leur maroquinier, mais il en faut bien plus pour décourager l’entrepreneure de génie. Elle se lance le défi de devenir couturière… et pourquoi pas ? Composée des pièces pratiques pour une femme moderne et active, la première collection « Couture Sportswear » voit rapidement le jour. Férue défenseuse du casual chic à la parisienne, la créatrice revisite le style de cette époque, présentant ses chemisiers en maille, les jupes culottes et des blue-jeans, plus vraiment blue. Des coupes classiques associées aux couleurs pastel ont eu un effet de vague déferlante sur Paris et bien au-delà de ses murs. La marque ouvre des boutiques en Suisse, à Monaco, en Chine ou encore au Canada, comptant près de 80 enseignes dans le monde. Cette expansion grandiose n’est pas restée invisible en France et Bernard Arnault pose son regard sur la griffe. Après des discussions avec Céline Vipiana, la Maison est rachetée par le groupe LVMH en 1987, la designer restant à sa tête jusqu’à sa mort dix ans plus tard.

©Celine

Celine après Céline

Depuis les années 2000, Céline évolue au fil des goûts parfois minimalistes, parfois rebelles, parfois avant-gardistes de ses directeurs artistiques. Au départ de la fondatrice, le doute sur la survie de la Maison planait dans l’industrie. Puis est arrivé un certain Michael Kors. Si aujourd’hui ce nom fait directement référence à la marque éponyme, à l’époque ce jeune designer new-yorkais devait encore séduire la capricieuse clientèle. Dans la continuité de l’ADN de la Maison, il perpétue le style chic et casual de la griffe, l’additionnant de quelques pièces emblématiques, comme les it bags Boogie ou Poulbot. La femme Céline se doit d’avoir un sac à main pratique et élégant, à l’image de son style vestimentaire, n’est-ce pas ? Au départ de l’américain, deux vedettes de la mode lui succèdent, Roberto Menichetti en 2004, puis Ivana Omazic l’année suivante, mais leurs collaborations avec la Maison sont de courte durée. La griffe commence à s’essouffler, à perdre son essence. Mais arrive la femme capable de raviver la flamme de ses amours perdus. Le duo Céline-Phoebe Philo est un mariage plus que réussi durant près de 10 ans. La britannique renoue avec les rudiments de la griffe, revient à l’origine du ton indémodable donné par sa fondatrice. Alors que le vestiaire élégant et minimaliste retrouve l’engouement lors des fashionweeks, elle offre une vision articulée du chic contemporain, citadin et quotidien. 

Les lignes droites, le coloris maitrisé et les silhouettes décontractées de la créatrice anglaise séduisent, alors que ses it bags phares font un effet d’ouragan sur l’industrie. Lancé en 2010, le Luggage avec ses extrémités imposantes est si universel que la maison le décline dans toutes les tailles, matières et couleurs ! Dans le même esprit le trapézoïde Phantom voit le jour ! Mais le public n’avait encore rien vu !  Il y a deux ans, un nouveau phénomène au nom de Hedi Slimane, s’est allié à Céline, pardon Celine (je vous l’explique dans quelques phrases). Avec lui, la femme Celine devient plus rebelle, plus rock, plus fatale et surtout accompagnée ! La ligne pour homme est rapidement lancée par le directeur artistique. D’ailleurs il a même joué sa carte de l’extravagance, en conciliant le masculin et le féminin dans sa collection unisexe automne-hiver 2020-2021. L’idée derrière tout cela est de tout simplement pouvoir piocher dans la même garde-robe, dont les éléments vont aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Novateur et complètement décalé, non ? 

L’histoire du double C

Céline Vipiana puisait régulièrement son inspiration dans la rue. Il n’est donc pas étonnant que le logo de la griffe, un couble C, soit initialement un élément de décor architectural. Et pas n’importe lequel ! Alors qu’elle a une panne de voiture sur la place de l’Étoile, la créatrice prête attention aux chaînes décoratives de l’Arc de Triomphe. Les coquets C enlacés dans les maillons attirent tellement son regard, qu’elle décide d’en faire son emblème en 1973. Près d’un demi-siècle plus tard, la marque va connaitre une autre modification de sa symbolique avec l’arrivée de Hedi Slimane. Connu pour avoir transformé Christian Dior Monsieur en Dior Homme et retiré le Yves de Yves Saint Laurent, il revisite également Céline, bannissant l’accent aigu. 

Voici donc Celine, la nouvelle ère est amorcée !   

  • Sac Luggage, Celine

    Sac Luggage, Celine

  • T-shirt en cotton, Celine

    T-shirt en cotton, Celine

  • Blouse Lavallière, Celine

    Blouse Lavallière, Celine

  • Veste courte, Celine

    Veste courte, Celine

  • Jeans en velours, Celine

    Jeans en velours, Celine

  • Robe en soie, Celine

    Robe en soie, Celine

  • Sac 16, Celine

    Sac 16, Celine

  • Portefeuille, Celine

    Portefeuille, Celine

  • Lunettes de soleil, Celine

    Lunettes de soleil, Celine

  • Mocassins bordeaux, Celine

    Mocassins bordeaux, Celine